« Un peu plus haut, un peu plus loin  » UTHC65

« Un peu plus haut, un peu plus loin
Je veux aller un peu plus loin
Je veux voir comment c’est là-haut
Garde mon bras, tiens ma main »

Une chose était sûre, je ne laisserai rien au hasard pour cette course. Après les ratés du XC Vallée et du Bromont Ultra, je m’étais promis de mettre toutes les chances de mon côté. J’allais tout planifier d’avance; entrainement, nutrition, sommeil, flexibilité, musculation, plan de course, etc.. J’ai même amené ma bonne vieille Breville pour m’assurer d’avoir un expresso impeccable le matin de la course. Ce fût aussi au grand plaisir de mes camarades du chalet Bigfoot qui en ont profité pleinement. Arriver au chalet, on prend un dernier repas en se retenant pour ne pas succomber à la tentation d’une bonne bière en bonne compagnie, très content d’avoir partagé ce week-end avec eux. Avant le dodo, je fais un retour sur la dernière année et je suis fier du chemin parcouru, je me considère prêt pour la journée de course de demain.

19 septembre 2015, 4:00 Am, La Malbaie.

Comme le chantais si bien Sandra Dorion, du groupe Nuance, oui je sais, ça trahit un peu mon âge,  » yé 4 heure du matin, c’est l’heure d’aller se coucher » Et bien non, c’est plutôt Bono qui me réveille en me disant  » It’s a beautiful day  » Après une courte nuit de sommeil, c’est l’heure d’aller prendre la navette qui nbusous amènera au départ de l’événement, en plein cœur du parc national des Hautes-Gorges. Si je réussis à passer au travers de la journée, se sera, de loin, ma plus grande réussite à date.

En débarquant de l’autobus, je croise plein de visages familiers, dont Jean-François Beauchamp. C’est symbolique pour moi, car trois ans plus tôt, il était parmi ceux qui ont déclenché en moi et en mon épouse, ce désir de courir et de se dépasser. J’ai aussi la chance de prendre une photo et d’échanger usebn peu avec un des mes idoles de l’ultratrails, Sébastien Chaigneau. Ça commençait bien la journée.

Le début de la course est lancée à 7:00 Am, on commence avec une légère descente pour rapidement s’enfiler sur un petit chemin bordant une rivière, c’est idéal, ça me permet de prendre un bon rythme. Question de ne pas aller trop vite, je me range derrière deux américains, venu contempler nos grands espaces. Pendant presque quarante minutes, nos enjambées sont synchronisées tel un métronome, c’est comme si on entendait seulement les pas d’un coureur. Au 8e km, la montée et partie technique commence, je garde le rythme, je réussis à larguer mes deux comparses et m’engage seul dans ce magnifique parcours. Dans une section près d’un lac, on croise de la boue et encore de la boue. Je déteste la boue, je commence à penser qu’ils en ont importé du XC Vallée. Mais bon, on fait avec, les deux jambes dans la boue par-dessus les genoux et on continue d’avancer. On apprendra plus tard, que c’est dû à Maitre Castor qui n’a pas construit sa damne assez solidement. L’eau est donc monté sur les berges pour submerger certaines sections du parcours.

Premier Ravito, 22km de complété, je suis dans les temps, ça va bien, ça va même très bien. Je ne perds pas trop de temps, je fais le plein et je repars. La prochaine section sera difficile. Le matin même, j’ai pris la décision de seulement apporter avec moi mon Camel pack et aucune bouteille en avant. Normalement, cette quantité aurait été grandement suffisante, mais cette fois-ci, la température grimpait rapidement. Je me suis retrouvé, à l’apogée, dans un chemin forestier, sans ombre, à griller au soleil, sans eau du 34e au 40e km. Pour ne pas avoir de coup de chaleur, j’ai dû me résigner à marcher les 4 km pour me rendre au ravito.

Arrivée au ravito du 40e, j’étais content et soulagé de voir les bénévoles. Ils m’ont grandement aidé, remplissant mon pack d’eau et me refilant de la nourriture. Pendant ce temps, je m’aspergeaist d’eau sur la tête, question de faire baisser la température de mon corps.

du 40e au 47e.

Le départ fût difficile, j’ai dû prendre au moins 15 minutes au ravito, alors les jambes ne voulaient plus repartir. Dommage pour eux, mais ma tête en a décidé autrement. Je me fais rapidement passer par une personne, c’est Sébastien Henri, qui terminera deuxième du 125 km. Il semble fatigué, je l’encourage un peu et il me perd dans la montée. Après 10 minutes de course, mon énergie est de retour, mes piles sont rechargés, je cours à un très bon rythme, je rattrape même Sébastien Henri, qui semble un peu surpris, pensant que c’est son plus proche poursuivant qui le rattrape, et bien non, c’est juste moi, il me fait signer de passer et s’accroche derrière moi, je me laisse prendre au jeu, je n’ai pas l’habitude de jouer ce rôle, mais j’essaie de mon mieux de le guider jusqu’au prochain ravito. Ça me permettra de passer plusieurs coureurs dans cette section.

J’arrive au ravito 47, gonflé à bloc, je viens de littéralement survoler la dernière section. À la suite d’une bonne poignée de main, je déclare à René Mekkelholt, le père d’un ami que j’allais terminer mon premier ultramarathon. Il me promet de m’attendre à l’arrivée avec une bonne bière. Très confiant je repars mais 100 mètres plus loin, un tournant, et puis une montée interminable. Je réalise rapidement, qu’avoir aidé Sébastien Henri, du mieux que j’ai pu, allait maintenant me nuire. J’ai tout donné dans la dernière section.

C’est à ce moment qu’apparaît Nicolas Gosselin, lui aussi semble en perte de vitesse, je lui offre de passer, il refuse, prétextant qu’il veut se reposer un peu derrière moi. Alors on fait un bout ensemble, on s’échange la pôle, on alterne, marche-course. Je ne sais pas à quel moment, ou même, s’il y a eu un moment, mais nous avons comme décidé de terminer ensemble.

Chaque km du parcours est identifié d’une pancarte, ayant d’inscrit le nombre de km restant. Au début c’est un peu décourageant, mais vers la fin ça devient motivant. ikmNous étions très contents de voir celle du 1 km restant. J’ai même pris quelques secondes pour la prendre en photos. The rest is history. Je termine donc mon premier ultramarathon, non pas sans quelques douleurs, mais sans blessures et ampoules. Surtout, le dos bien droit et le sourire au visage. René m’attendait bel et nicbien avec une bonne bière à l’arrivée et à ma grande surprise mon ami Ian qui arrive une minute derrière moi, lui qui, faut le dire, a réalisé toute une performance sur le 125 km. Bravo encore.

Je croyais que j’allais être émotif d’avoir réussit un tel exploit. Émotif en pensant à toutes ces personnes qui m’ont accompagné et qui m’accompagnent toujours dans cette remise en forme. Étrangement, non. Avec un peu de recul, je crois que j’étais tellement convaincu que j’allais réussir que j’avais déjà en partie consumé ma joie. Peut-être aussi car je vois aussi cette réussite comme un étape et non une fin en soi, comme un passage obligé pour aller encore un peu plus haut, un peu plus loin…. je pense déjà à la suite.

« Un peu plus haut, un peu plus loin
Je vais aller encore plus loin
Peut-être bien qu’un peu plus haut
Je trouverai d’autres chemins »
Jean-Pierre Ferland

Le coureur des Bois

#Jesuisloup, #fruits2, #UTHC

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3 réflexions sur “« Un peu plus haut, un peu plus loin  » UTHC65

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