L’ours est sorti de sa tanière

bear

Dimanche matin, 3 mai 2015, 6:oo am. Le réveil matin sonne, je me trouve dans une chambre de motel sur le bord de la 87, à quelques pas de Bear Mountain. Le très chic, Americas Best Value Inn, un merveilleux établissement tenu par une famille de pakistanais, qui aurait besoin d’un peu d’amour. À ce moment, le tout semblait secondaire, d’autres coureurs y avaient trouvé refuge les années auparavant sans trop laissé de séquelles.

J’étais actuellement à 2 heures du départ de ma première course de l’année, soit le Bear Mountain half-marathon challenge. Contrairement aux courses précédentes, j’arrive sur les lieux plutôt confiant, probablement dû au nombreux effort que j’ai effectué au cours de l’hiver avec ma coach Mylène.

7:30 am, toujours relax, je profite du bon Kick-ass coffee de la brulerie Kicking Horse, je suis seul avec moi-même en

erik bear 7

contemplant le soleil qui sort tranquillement derrière la montagne. La journée sera très chaude, tout près de 26 C. Considérant qu’une semaine auparavant on courrait encore dans la neige, la chaleur sera un facteur à considérer vers la fin de la course.

8:00 am, sur la ligne de départ avec Marianne, Isabelle et Michel un des 170 Québécois venus pour le week-end qui nous entend parler français. Je croiserai Michel à quelques reprises lors de mon parcours.

8:06 am, Et c’est un départ !, And they’re off ! Ça part bien, très bien même. Après deux minutes de course, on s’enfonce dans la forêt du Bear Mountain State Park, j’en sortirai que 22km plus tard en espérant être encore en un morceau ou n’ayant pas croisé de serpent à sonnette sur mon chemin.

Le premier ravito est à 2.6 milles, j’y arrive plus rapidement que prévu, pourtant je ne pousse pas la machine. Je ne m’y arrête pas, j’ai tout sur moi pour bien m’alimenter. À ce moment, on commence à rattraper de plus en plus de coureurs des vagues précédentes, soient qu’ils s’étaient mal positionnés pour débuter la course ou qu’ils commençaient déjà à souffrir. Le résultat est le même, on se croirait sur Décarie en pleine heure de pointe, et personne ne veut te laisser passer. J’ai alors compris que si je voulais passer, j’allais devoir prendre la voie de service.

Deuxième ravito, 4 milles, je prends mon premier Fruit 2, un peu d’eau et on repart, je ne veux surtout pas que la meute me passe à nouveau. La prochaine section s’annonce ardue avec une montée d’environ 5 km suivi d’une descente abrupte dans les roches. D’ailleurs je ne sais pas pourquoi la montagne s’appelle Bear Mountain, Rocky Mountain aurait été beaucoup plus approprié. J’ai rarement été exposé à un terrain si technique, on pouvait difficilement accélérer dans les descentes sans risquer de tomber ou de se tourner une cheville. Revenons à nous moutons. Après une bonne heure d’effort pour passer à travers cette étape tout en combattant un mal de ventre, j’arrive enfin au prochain ravito.

À ce moment, il est presque 10:00 am et le soleil commence à frapper solidement. Il n’y a pas encore de feuille dans les arbres, alors Galarneau ne se gêne pas pour nous envoyer ses rayons. Et là, se dresse un mur devant nous, la plus abrupte des montées de la journée avec ce soleil que j’aimais pourtant si bien ce matin en prenant mon café. Chaque pas devient une épreuve et on commence à se demander pourquoi on s’est inscrit dans cette course. Comme la vie est parfois bien faite, Michel arrive de nulle part et m’encourage un peu. Ça fait du bien d’entendre une voix parce que les Américains ne sont pas très bavards. Arrivée en haut de la Chri#$!? de côte, il ne me reste que 4 milles avant la fin de la course et je me dis à moi-même que je vais pouvoir appuyer sur le champignon.rocks

Erreur, des roches et encore des roches, les jambes commencent à être un peu molles, alors je resterai prudent. Je regarde ma montre, je suis encore dans les temps que je me suis fixés, mais en plus des roches, je me bute maintenant à des mégalomanes, pour qui leurs musiques semblent plus importantes que la personne que les suit.

Arrivé au dernier ravito, il est 10:30 am environ, je me verse un verre d’eau sur la tête, question de faire descendre ma température corporelle. J’enfile un gel et quelques Cliff Shots et je repars pour la dernière étape. À mon souvenir, il reste une montée et après on sprinte jusqu’à l’arrivée.

Erreur, j’ai mal interprété la carte, il restait trois montées, pourtant en regardant la carte après la course, on aurait dit des petites collines. J’ai cassé dans les deux dernières montées, j’ai dû marcher lentement pour me rendre jusqu’en haut. J’ai donc terminé mon parcours en 3h06m57s. Sans que l’on puisse comparer exactement, j’ai amélioré de 41 minutes mon temps sur un demi-marathon. J’étais très content. C’est la première fois que je croise l’arrivée avec le sourire et sans blessure, ça augure bien pour la suite.

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Au-delà de la course, j’ai fait connaissance avec belle communauté qui a été très accueillante à mon égard, je vous en remercie beaucoup.  Nous partageons les mêmes valeurs. Un merci plus particulier à Geneviève Boivin et Sébastien Côté, de m’avoir si bien accueillis et intégré au groupe. On se revoit dans une prochaine course ou dans un entrainement.

Mon prochain défi de taille sera le 65km de l’UTHC. Et vous, êtes-vous loup ?

#Jesuisloup

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2 réflexions sur “L’ours est sorti de sa tanière

  1. Bravo Érik! Belle réussite et très beau texte. J’ai aimé te lire et vivre un peu de ce défi. Ah, les maudites roches! Passe un bel été!

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